Cette fameuse petite pilule bleue, on en parle, je l’ai testée. Alors, est ce que marche ? Récit d’une soirée surprenante…

Ayant eu l’opportunité de me procurer du Viagra (qui est délivré, rappelons-le, sur ordonnance), j’ai proposé à M. d’être le cobaye de la fameuse petite pilule bleue.
M. a d’abord été indigné, croyant que je remettais en question de façon sous–jacente sa virilité et ses performances. Erreur de ma part, je n’ai pas été assez fine dans mon approche.
Après un petit temps de réflexion et des remarques rassurantes de ma part, du style « mon choubidou tu es formidable, personne non personne ne t’arrive à la cheville, mais non tu n’en n’as pas besoin », il accepte et je peux détailler le fond de ma pensée.
J’ai en effet lu plusieurs articles, dans des journaux très sérieux, relatant les expériences de couples ayant pris du Viagra sans que Monsieur ne souffre d’érections défaillantes. Il semblait dans ce cas là que Monsieur était encore plus performant, au taquet, infatigable. Evidemment, devant de tels articles, la curiosité quasi scientifique qui m’anime est la plus forte. Je me dois de vérifier de tels propos.

C’est ce que j’explique à M. en lui disant bien que c’est une expérience à faire et qu’en aucun cas (ce qui est vrai) je ne l’ai considéré comme défaillant. Il finit par céder devant mon argumentaire si bien préparé.

Le fameux soir arrive. M. est tout nerveux et ne demande à prendre, par précaution, qu’un demi cachet de Viagra, et ce après avoir soigneusement détaillé la notice. Nous allons au restaurant, et il avale avec un verre d’eau le demi-cachet avec son entrée. En effet, il faut compter une bonne heure, selon la notice, pour que ce qui est devenu une demi-pilule fasse son effet.

Arrive le plat de résistance. Devant moi un M. tout stressé qui semble surveiller les moindres réactions de son corps, en vrai cobaye. Il m’annonce :
M – j’ai les oreilles brûlantes. Le Viagra fait son effet.
Moi – aaahhhhhh ???? (Ne saisissant pas bien le rapport et essayant de garder une expression intelligente)
M – oui, comme tu le sais (hum), plein de sang circule dans les oreilles, et si elles bourdonnent, c’est que la circulation du sang s’est accélérée avec le Viagra.
Moi – mais oui bien sûr mon choubidou tu es le meilleur (« stratégie d’encouragement du cobaye »)

En attendant, pas de piquet de tente ou de gaule soudaine et incontrôlée sous la table. Tout se passe normalement. Le mythe « tu prends du Viagra et tu deviens priapique » n’est pas fondé. En tout cas, pas avec M. en tout cas, pas avec un demi cachet.

Un peu plus tard, en pleine action, je constate que M. met très peu de temps à récupérer entre deux rapports. Il lui fallait bien 20 minutes / une demi-heure pour se « remettre » ; là, il est au taquet à la demande, littéralement. Je dis « je veux maintenant » ! Et il bande, naturellement, sans efforts, d’un claquement de doigt. Je parle de doigts mais je n’ai même pas eu besoin de le toucher. C’est quand même très amusant. Plus de crampe. Et seulement, je me répète, avec un demi cachet.

Mais la psychologie bloque. M. s’est mis la pression et une obligation de performance. Ce qui devait être un jeu devient une sorte de test pour lui. Il s’oblige à devenir un marteau-piqueur alors que je ne lui demande pas, il me montre qu’il est infatigable, à la hauteur, bref il en fait des tonnes alors que ce n’était pas nécessaire.

Au final, je sors éreintée de ce corps à corps qui a perdu peu à peu toute sensualité. J’en parle avec M., qui me dit avoir eu la sensation « d’être une bite, une machine, je me suis déconnecté de mes émotions » (oui, un homme, un vrai, qui parle ainsi !). La psychologie, la psychologie, il s’est trop mis la pression avec ce demi cachet. C’est donc une réussite physique mais un flop émotionnel.
C’est en me souvenant de tout cela que j’aborderai la seconde nuit avec l’autre demi Viagra !