Le sexe automobile vous excite ? Rien d’anormal, c’est même plutôt un fantasme de base, voire parfois une obligation, quand on n’a pas la possibilité d’un autre nid d’amour (ou pas la patience d’attendre jusque là) ! Petit topo sur l’amour en voiture…

J’ai lu que, selon un psychiatre, “la voiture (ou la moto) n’est rien d’autre qu’un prolongement de notre corps”. Par là même, elle est chargée de signification, de fantasmes. Les psychiatres vont même plus loin : l’automobile ne serait rien de moins qu’un prolongement phallique. La mécanique de la voiture renforce cette symbolique car elle est symbole de puissance, de vitesse, de force. Et comme la voiture a un prix, elle est aussi un instrument de positionnement social.
Bref, ceci explique pourquoi l’automobile stimule les fantasmes sexuels et provoque même, chez la plupart des gens, des excitations d’ordre sexuel.

Au-delà du fantasme, la voiture est aussi un lieu de rendez-vous intime privilégié chez les jeunes. Le permis en poche, vers 18 ans, on peut en effet se faire prêter la voiture de papa-maman, dans laquelle il serait dommage de ne pas batifoler gaiement, à l’abri de la pluie ou des regards ! Les rues tranquilles, les coins de campagne tranquilles et isolés, les parkings déserts sont autant d’endroits où l’on peut laisser libre cours à ses pulsions, sans que quiconque ne puisse le savoir !

La voiture devient alors une bulle, une cachette, un havre de tranquillité gratuit (au contraire d’une chambre d’hôtel), discret (selon l’endroit où on la gare), plus confortable qu’un champ (surtout en plein hiver), bénéficiant de tout le confort moderne ou presque (chauffage, musique, couvertures…).
Ce petit coin d’amoureux peut, de plus, être transporté n’importe où : bords de plage, aires d’autoroute, parkings de discothèque… Pratique, non ? Cela compense bien quelques acrobaties et contorsions…

Un souvenir que l’on garde ensuite présent à l’esprit et que l’on remet au goût du jour après un bon restaurant ou pendant les vacances. Chez les adultes, le fantasme de la voiture est “basique”, simple, facile à réaliser… et peut réveiller une sexualité – et un ou une partenaire- qui a besoin de tonus. Et puis, une envie pressante, ça n’attend pas !

Il n’y a aucune raison de ne pas laisser libre cours à vos envies, dès lors que cette pratique reste exceptionnelle.
Ne vouloir faire l’amour qu’en voiture serait le signe d’un déséquilibre psychique, voire même d’une perversion. On voit ainsi se développer des comportements d’exhibitionnisme et du voyeurisme : à l’abri du contact mais pas des regards, certains couples font l’amour et s’offrent à la convoitise d’amateurs, maintenus à distance par les vitres, dans des endroits publics connus pour proposer ce style de spectacles ! Ces endroits existent dans toutes les grandes villes et ceux que cela intéresse savent toujours les dénicher pour satisfaire leurs envies.
Attention, on passe avec cette pratique la barrière ténue qui sépare le fantasme de la déviance sexuelle.

Conseils pratiques

Fauteuils inclinables et banquettes étroites, risque d’être découvert, étreintes torrides et rapides… En voiture, tous les ingrédients sont réunis pour un plaisir maximum. Mais on ne fait pas l’amour dans une voiture comme dans un lit.

Choisissez les bons vêtements. Faire l’amour en voiture entraîne quelques contraintes. Les vêtements se doivent d’être basiques et fonctionnels : pas de tissus qui se froissent trop facilement (comme le lin), pas de collants (que l’on chercherait ensuite pendant un bon quart d’heure, si par miracle on ne les a pas filés, avant de passer autant de temps à les ré-enfiler), pas de bottes, de pantalons trop serrés.
L’idéal, ce sont des vêtements faciles et rapides à enlever, pour entrer le plus vite possible en action, mais aussi facile à réajuster en cas de dérangement inopiné. Si on doit faire vite, on peut opter pour un déshabillage minimum.
En voiture, on peut tout faire. Seule condition, la voiture doit être à l’arrêt : évitez les folies sur la route, qui risquent d’envoyer tout le monde au fossé !
La voiture en mouvement peut toutefois se révéler être le lieu idéal pour des préliminaires, surtout des caresses manuelles, des masturbations mutuelles ou non, voire une petite gâterie de la passagère au conducteur (l’inverse est dangereux à réaliser), avant d’aller plus loin.
Je garde le souvenir très fort de deux fellations particulièrement chaudes au volant d’une 205 passablement pourrie sur l’autoroute des vacances… “On était jeunes, on était fous…”
Attention Messieurs à ne pas laisser votre partenaire frustrée. Non seulement il faut savoir bien contrôler son orgasme (surtout ne pas fermer les yeux) pour éviter l’accident, mais un câlin ne doit pas rester à sens unique. Une fois que vous êtes bien excité, arrêtez-vous sur l’aire de repos suivante et allez vous stationner à l’écart. Pourvu qu’il fasse un peu frais dehors, la buée sur les vitres aura vite fait de vous assurer un minimum d’intimité.

Si vous êtes passager, les caresses buccales s’avèrent difficiles et risquées. Mais dame Nature vous a donné des mains et des doigts, c’est pour vous en servir ! Si Mademoiselle est en robe ou en jupe, votre tâche en sera facilitée. La main baladeuse remonte tout doucement le long de la cuisse qui ne devrait pas tarder à s’écarter.
Pour l’étape suivante, la culotte de grand-mère constitue un obstacle pas toujours contournable. C’est là qu’on apprécie les strings qui s’écartent facilement, les slips en lycra stretch… voire l’absence de tout sous-vêtement.
Grand souvenir là aussi d’un trajet en voiture en Californie, de retour du parc de Yosemite. Mon Américaine préférée conduisait avec une jupe longue de coton blanc, plutôt ample. Je n’ai pas résisté longtemps à l’envie d’aller explorer son entre jambes pour découvrir avec surprise qu’elle ne portait rien en dessous ! Ce fut très intense pour nous deux je l’ai caressée longuement, l’emmenant tout doucement vers le plaisir, la maintenant pendant une demi-heure au bord de l’orgasme, mais sans qu’elle jouisse pour ne pas risquer d’accident. Depuis, je garde un petit faible pour les jupes longues blanches…

Reste qu’on ne s’installe généralement pas dans une voiture aussi longtemps que dans un vrai lit : la séance sera plus généralement courte, mais ce n’est pas grave. Les deux partenaires peuvent éprouver beaucoup de plaisir dans une pratique rapide et intense. Ce qui compte, c’est la situation.

Le manque de temps n’est pas gênant car le caractère insolite de la situation et la puissance des fantasmes sexuels autour de la voiture provoqueront une excitation beaucoup plus rapide que la normale. Comme lors de tout “quick-sex” risqué (au cinéma, sous une porte cochère…) quelques caresses, un baiser fougueux et quelques paroles bien senties pourront faire démarrer l’un et l’autre au quart de tour !
Je me souviens d’une fois avec ma première maîtresse (au sens où elle était mariée), nous avons tourné pendant une petite heure en forêt afin de trouver un endroit où se stationner tranquillement à l’abri des regards indiscrets. Impossible ! Nous avons fini par nous garer au bord d’une route forestière qui semblait peu passante. Je lui ai proposée de nous enfoncer à pied dans les bois, mais elle a préféré rester dans la voiture. A peine avions-nous commencé à aller un peu plus loin que nous caresser qu’un groupe de promeneurs s’est pointé ! Il a fallu se rajuster vite fait pour tenter de donner le change (mais je crois que personne n’a été dupe). Dès qu’ils eurent disparus, nous avons recommencé et croyez-moi, alors que nos étreintes duraient d’habitude entre 30 minutes et trois heures, ce fut cette fois-ci, l’attente et l’excitation nous ayant tous deux bien échauffés, expédié en moins de deux minutes !

En voiture, il est impératif pour l’homme de faire particulièrement attention aux positions qu’il prend. En effet, des postures trop acrobatiques peuvent conduire à des mouvements trop importants de la verge. Le risque dans ce cas est la torsion du membre, qui se traduit par une dégradation des corps caverneux qui constituent la verge.
Attention, il s’agit d’un accident grave. Dans certains cas, un chirurgien sera en effet obligé de sectionner purement et simplement la partie détruite du corps caverneux, ce qui se traduit malheureusement par un raccourcissement du sexe.
Donc, allez-y toujours doucement pour commencer, testez la position et méfiez-vous des mouvements désordonnés de Madame au moment de l’orgasme, surtout quand elle se tend comme un arc et retombe ensuite brutalement, ça peut faire très mal.

Bien sûr, si la voiture est assez grande et la banquette assez large, une position de type missionnaire sera la plus facile à tenir longtemps.

Une autre position assez simple à tenir consiste pour l’homme à s’agenouiller sur le plancher de la voiture, tandis que sa partenaire assise sur la banquette arrière relève les jambes. Très pratique, sauf que les planchers de voiture sont faits soit de caoutchouc avec des stries, peu confortables, soit avec une sorte de moquette antidérapante très rêche. Bonjour l’état des genous après, j’ai gardé des écorchures pendant trois jours !
Alors prévoyez de glisser un vêtement ou une couverture sous vos genous.

Deux bonnes positions: l’homme assis au bord de la banquette et elle vient s’asseoir sur lui. On peut se toucher, s’embrasser, se caresser partout et passer éventuellement assez facilement de la pénétration vaginale à l’anale.
Autre solution, qui réclame de bonnes jambes: même position pour lui, mais elle vient s’asseoir en lui tournant le dos, les bras appuyés sur les sièges avant. Il existe peu de spectacles aussi excitants pour un homme que de voir les fesses de la femme qu’il aime monter et descendre sur son membre.

Avant toute chose, soyez sûr de partager avec votre partenaire le goût du risque avant de vous lancer dans des activités de ce type. Car si faire l’amour au lit peut sembler “ringard”, c’est aussi, pour beaucoup de gens, plus confortable physiquement et psychologiquement.

Si la crainte d’être surpris est un excitant pour certains, elle constitue pour d’autres une source d’anxiété, or peur et plaisir font rarement bon ménage. Pour les hommes, le stress peut entraîner une baisse de désir, voire au pire, la fameuse panne (un comble quand on est au volant !).
C’est également dans les situations de peur et de stress, où le couple se voit surpris dans son activité que peut se produire un phénomène très rare, sujet de boutade : le “penis captivus“. L’homme ne peut alors se retirer et les partenaires ne peuvent se séparer. La raison est simple : une contraction réflexe d’un muscle de l’entrée du vagin empêche le retour veineux du sang et donc la perte de l’érection de l’homme. Dans ce cas, pas de panique: un massage doux de ce muscle par l’homme, la femme ou, au pire, le pompier en urgence permettra au muscle de se détendre et de libérer l’objet du délit.

Le point de vue du juriste
Ne pas oublier que faire l’amour dans sa voiture est qualifié d’attentat à la pudeur et donc réprimé par la loi.
Cela dit, on bénéficie encore d’une certaine liberté au volant de sa voiture quand on est en galante compagnie. Si vous avez envie de faire un petit bisou à votre compagne, vous pouvez même le faire sous l’œil complice d’un gendarme, en prenant garde de ne pas créer un embouteillage à un feu rouge. Mais attention à ne pas dépasser les bornes. Certaines lois, par extension ou interprétation, pourraient s’appliquer aux ébats amoureux.

Si vous garez votre voiture dans un lieu totalement isolé, vous n’avez aucun souci à craindre. En revanche, méfiez-vous si vous vous trouvez dans un lieu public et que l’on peut vous observer. Les forces de l’ordre, qui vous surprendraient dans des attitudes équivoques, pourraient alors assimiler vos prestations à de l’exhibitionnisme, pratique condamnée par l’article 222-32 du Code pénal : “L’exhibition sexuelle imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public est puni d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende”.
Encore faut-il déterminer si la voiture constitue “un lieu accessible aux regards du public” et si la nature des agissements auxquels se serait livré le conducteur seul ou avec un ou plusieurs passagers constitue une “exhibition sexuelle”.
Cela nous est arrivés une fois de nous faire “capter” par des gendarmes en pleine campagne, qui nous ont simplement demandé de changer d’endroit car le chemin était parfois utilisé par des enfants pour aller en vélo d’un village à l’autre.

Si les cabrioles dans votre voiture ne suffisent plus à calmer votre ardeur et que vous ne pouvez pas attendre d’arrêter votre voiture, soyez très prudent. Là encore, aucun texte ne prévoit ce cas de figure, mais vous risquez tout de même gros.
L’article R 3-1 du Code de la Route stipule que “tout conducteur de véhicule doit se tenir constamment en état de position d’exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent. Notamment, ses possibilités de mouvements et son champ de vision ne doivent pas être réduits par le nombre ou la position des passagers, par les objets transportés ou par la position d’objets non transparents sur les vitres.”
Si un conducteur devait être interpellé pour s’être livré à ce genre d’exercice, ce texte de loi pourrait lui être opposé. Il serait alors passible d’une contravention de deuxième classe, réprimée par une amende de 135 euros.

En cas d’accident, l’article 223-1 du Code Pénal qui pourrait s’appliquer prévoit que “le fait d’exposer directement autrui à un risque immédiat de mort ou de blessures de nature à entraîner une mutilation ou une infirmité permanente par la violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence imposée ou le règlement est puni d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende.”

Selon la chambre criminelle de la Cour de Cassation, le délit est réalisé lorsqu’il y a une “violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité ou de prudence”, prévue par la loi ou un règlement.
Cette loi a ouvert un nouvel espace de droit dans lequel les juges se sont naturellement engouffrés et en particulier en matière de circulation routière.
Il est possible de penser que pourrait relever de cette incrimination un conducteur qui, de par les agissements auxquels il se livrerait dans ce contexte, pourrait être amené à avoir un comportement dangereux (par exemple, en se déportant sur une route, en circulant en zigzag, en tentant un dépassement dangereux, en circulant en sens interdit…).
Il est évident que ce délit de mise en danger d’autrui est apprécié au cas par cas.